En septembre 2013, j’avais interviewé Charly Corbat pour ma page Facebook “Que sont-ils devenus”. Le fondateur du HC Ajoie et membre créateur de la patinoire de Porrentruy est décédé cinq ans plus tard, le 11 septembre 2018.
En relisant ces lignes, ce n’est pas sans nostalgie qu’on imagine que certaines réponses seraient différentes aujourd’hui. Le titre de 2016 aurait-il pris le pas sur l’ascension de 1982? Ou la Coupe suisse de cette année aurait-elle pris toute la place dans son coeur?

En 2013, tout le monde espérait que des passionnés renouvellent l’aventure qui avait amené à la construction du Voyeboeuf. A l’époque, Charly m’avait montré la maquette de son antre rénové, fier! En regardant aujourd’hui l’avancement des travaux de la nouvelle patinoire, on sait désormais qu’en Ajoie, tout est possible.

A l’heure de la rénovation du Voyeboeuf et pour que cet échange ne tombe pas dans l’oubli des réseaux sociaux, je vous la republie ici.

Interview / 18 septembre 2013.

Charly Corbat, le “papa” du HCA, le fondateur du club, est né le 30 décembre 1929.
Père de deux enfants, Patrick et Corinne, il est également le grand-papa du Capitaine ajoulot de cette saison: Steven Barras.
Il a repris les rennes de la scierie de Vendlincourt en 1953 avec son frère André.
De l’âge de 20 ans à 35 ans, il s’occupait de la comptabilité.

Depuis plusieurs années, c’est son fils Patrick et son neveu Jean-Paul qui sont à la tête de la scierie Corbat, devenue une holding, intégrant les sociétés Rötlisberger de Glovelier, La Parquetterie des Breuleux et la scierie de Badevel, en France voisine.

Quand on lui parle du HC Ajoie, Charly Corbat nous évoque déjà les souvenirs de la construction de la patinoire, en 1973. Quand des passionnés décident de se battre pour réaliser un projet fou, ils y parviennent.
En sonnant aux portes pour demander de l’argent, en allant trouver les sociétés, les banques, à coup d’actions à 100.- ou 10 000.-, ils se démènent comme de beaux diables, et arrivent à leur objectif: avoir assez de fonds pour lancer la construction !
Une poignée d’hommes, motivés par la passion et l’envie. C’est à eux que l’on doit notre Voyeboeuf, temple de tant de bons moments passés avec le HCA.

A l’heure ou celle-ci tombe en ruine, trouvera-t-on les mêmes passionnés pour continuer l’histoire de notre club? C’est ce que nous, les amoureux du HC Ajoie et tout ceux qui profitent de cette patinoire espèrent, et ils sont, nous sommes, très nombreux !
L’aventure de 1973, un exemple à suivre !

Pour Charly Corbat, le HC Ajoie fait partie de sa vie, c’est SA vie!
Membre fondateur, ancien président et président d’honneur, il fera toujours partie de ce club, celui cher à son coeur.

Mais avant la construction de la patinoire, Charly a pratiqué le hockey sur glace, au HC Vendlincourt, sur l’étang du village et sur les surfaces alentours.
Il a joué son dernier match à la fin des années 60, à St-Ursanne, en 2ème ligue.
Pour l’anecdote, ses propres patins ont terminé comme ornement de la coupe récompensant le gagnant de la toute première Coupe du Jura, qui réunissait, plusieurs années de suite, les meilleures équipes de chaque canton romand.

De sa confidence, la saison la plus belle qu’il ait vécu avec le club est celle de la première ascension en LNB, en 1982.
Dans la catégorie du plus mauvais souvenir, il n’a jamais pu oublier que le HC Ajoie a failli disparaître, sous le coup d’un sursis concordataire, engorgé de dettes.
Mauvaise gestion et arnaques ont plongé le club dans les chiffres rouges. Il est passé à cette époque, à deux doigts de la faillite.
C’est grâce au soutien des fans et des gens, sous l’impulsion d’un comité motivé, et après l’éviction du coupable, que l’opération “Ajoie j’y crois” a été lancée.
C’était en 1994 et ceux qui l’ont vécue ne sont pas près de l’oublier. Le soir du 17 décembre, le HCA était annoncé “sauvé”.
Et c’est en parlant de ces moments que Charly Corbat tenait à souligner le travail effectué par le comité actuel, les dirigeants, en qui il a une confiance totale et à qui il voue une grande admiration.

Parmi les joueurs qui l’ont marqué, il m’a nommé Jean Trottier et, avec une pointe de pudeur parce qu’il fait partie de sa famille: Steven Barras.
Steven, le digne représentant du HCA que son grand-père gratifiait d’une prime à chaque point marqué la saison dernière. Une façon comme une autre de l’aider et de lui montrer son soutien.

L’entraîneur qu’il m’a cité se nomme Jan Tlacil, pour le travail effectué et pour avoir amener le HC Ajoie là où il était la saison passée.

Charly Corbat, son interview a duré une heure trente, et aurait été prolongée plus longtemps encore si nous n’avions pas dû nous séparer. C’est dire le personnage, attachant.
C’est un homme passionnant, passionné, et d’une grande gentillesse qui m’a reçu dans son bureau. Et oui, bientôt âgé de 84 ans, M. Corbat travaille encore, quelques heures par-ci par-là. C’est quelqu’un d’actif et qui aime bien s’occuper.

Il est positif et n’aime pas les regrets. Le seul qu’il ait, et qui le révolte, c’est celui de vieillir.
Voir le temps prendre de l’ampleur sur lui l’agace profondément.

Je garderai de cette rencontre un bon moment d’échanges et de partage d’une même passion: le HC Ajoie.

C’est grâce à des gens comme lui que le monde avance, bouge, MERCI, MONSIEUR CHARLY CORBAT !

(photo: 1er avril 2016, lors du titre de Champion suisse LNB du HC Ajoie avec son petit-fils, Steven Barras / Mauricette Schnider)

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